• But de l'occlusion
 

Elle est la base du traitement. Le but de l’occlusion est d’obliger l’oeil dominé à prendre la fixation et d’empêcher toute vision simultanée. L’occlusion doit supprimer toute afférence lumineuse du meilleur oeil. Elle doit empêcher la compétition entre les deux yeux et les phénomènes de neutralisation.

 

 

  • Les moyens d'occlusion
 

Occlusion sur peau :

 

Elle est réalisée grâce à un pansement opaque collé sur la peau. C’est le traitement de référence. Cette occlusion sur peau est indispensable dans le traitement des amblyopies fortes et moyennes. Elle permet une obturation complète de l’oeil équipé. Cela entraîne un niveau de contrainte élevé pour l’enfant. Ce pansement est difficile à enlever. Il présente une assez bonne tolérance cutanée. Le port de la correction optique totale (COT) est obligatoire avec l’occlusion sur peau par pansement opaque.

 

Occlusion sur verre :

 

L’occlusion sur verre laisse libre un champ très périphérique de vision, donc le niveau de contrainte est moindre. L’occlusion sur verre est réalisée soit par un système d’adhésif, soit par un filtre calibré. Ainsi l’opticien doit vérifier en essayant le filtre à l’enfant que l’acuité visuelle (AV) de l’oeil dominant est bien abaissée à la valeur indiquée sur l’ordonnance. Attention à la monture de lunettes qui peut permettre les tricheries, l’enfant pouvant alors regarder par-dessus sa monture et l’occlusion sur verre. L’occlusion sur verre sera surtout proposée lors de l’occlusion alternée, donc pas dans le traitement d’attaque à la phase initiale. Elle ne doit jamais être prescrite si l’AV de l’oeil amblyope est inférieure à 5/10.

 

 

  • Le traitement d'attaque
 

Occlusion sur peau de l’oeil dominant :

 

Elle sera toujours instituée au début, c’est la seule façon d’amorcer la guérison de l’amblyopie. C’est une occlusion permanente, jour et nuit.

« 5 minutes sans occlusion c’est 8 jours en arrière pour le traitement ».

 

L’occlusion exige une surveillance rigoureuse, il faut réaliser des contrôles rapprochés d’autant plus que l’enfant est jeune et que l’amblyopie est profonde. Il n’y a pas de limite de durée pour l’occlusion d'attaque, à maintenir toujours jusqu’à l’isoacuité. La surveillance de ce traitement est obligatoire. L’accompagnement de l’enfant et des parents, est également obligatoire. La première consultation de type annonce (ou consultation d’éducation) est essentielle à la bonne mise en place du traitement. Ainsi le premier pansement sera mis par l’équipe soignante devant les parents.

 

Cas particuliers :

 

- Avant l’âge de 12 à 18 mois (avant âge de la marche)

Une occlusion par demi-journée sera proposée pour les amblyopies profondes, avec l’occlusion de l’oeil amblyope le matin et l’après-midi

l’occlusion du bon oeil selon le temps d’éveil.

 

- Face à une amblyopie organique

Il faudra toujours essayer le traitement d’attaque car une part fonctionnelle est souvent associée à la part organique dans l’amblyopie organique.

 

 

  • Le suivi de l’occlusion
 

Les parents :

 

Ils sont la pièce maîtresse du succès thérapeutique, ce sont les "vrais" thérapeutes qui auront la charge au quotidien du traitement mis en place par l'orthoptiste et l'ophtalmologiste.

 

L’orthoptiste : 

 

Il donne les consignes du traitement à mettre en place et s'assure du suivi en collaboration avec l’ophtalmologiste. L’orthoptiste et l’ophtalmologiste veilleront au rythme de l'occlusion et des cycloplégies : au moins 2 par an les 2 premières années, à chaque changement de verres correcteurs et devant tout échec du traitement.

 

 

  • Durée du traitement
 

En pratique, en cas de bonne isoacuité l'occlusion peut être arrêtée vers l’âge de 7-8 ans avec maintient de la correction optique totale.

 

 

  • Les complications de l’occlusion

 

La bascule :

 

Systématiquement recherchée par certains comme gage d’efficacité, elle n’est pas dramatique et nécessite une simple inversion du traitement par occlusion de l’oeil amblyope pendant quelques jours voire une à deux semaines ; il faut la distinguer d’une simple sidération et ne l’affirmer qu’après un délai d’une à deux heures. Le pronostic est favorable et annonce en général une guérison de l’amblyopie.

 

Augmentation de l’angle strabique :

 

En cas de strabisme associé, elle est également un gage d’efficacité ; c’est la récupération du pouvoir accommodatif de l’oeil dominé qui explique l’impulsion de vergence accommodative. Ce strabisme devenu apparent fera l’objet d’une cure chirurgicale en temps utile.

 

L’isoacuité :

 

Si elle reste le but suprême, elle n’est malheureusement pas atteinte dans tous les cas ; un traitement d’entretien devient également obligatoire de toute

façon.

 

Sensoriels :

 

Les risques sensoriels sont la rechute de l’amblyopie, si le traitement d’attaque ou d’entretien est trop court et dans les cas d’anisométropie ou de dominance nette d’un oeil. Ainsi l’occlusion permanente sera conduite pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, jusqu’à atteindre l'isoacuité entre les 2 yeux. Son arrêt prématuré conduirait immanquablement à la rechute de l’amblyopie. Dans tous les cas on veillera à ce que le traitement soit continu, sinon la rechute sera inéluctable.

 

 

  • Conclusion
 

- L'objectif du traitement de l’amblyopie est de 99%. Mais parfois nous sommes face à des amblyopies rebelles ou réfractaires qui résistent au traitement par manque de coopération des enfants / parents, par découverte trop tardive ou par anisométropie trop importante.

- C’est un traitement efficace qui ne se conçoit qu’avec l’adhésion des différents intervenants (ophtalmologiste, orthoptiste, enfant, parents et éducateurs).

- Attention il faut se méfier des thérapeutiques de substitution, comme l’occlusion intermittente en l’absence d’isoacuité et l’absence de correction optique totale qui est le support fondamental de tout traitement sensorimoteur.

 

Source :

http://www.amblyopie.net/Documents/Documents.html

L'OCCLUSION

Votre enfant a un oeil qui ne voit pas, votre orthoptiste vous demande d'occlure l'autre oeil :  l'explication